L'AFRIQUE PRECOLONIALE
UNE PERIODE DE L'HISTOIRE

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C'est seulement à la fin du XVIIIème siècle que la protestation contre la traite commença à prendre de la force. Aboli par la Convention en 1793, l'esclavage fut rétablit par Napoléon, mais l'Angleterre l'abolit définitivement en 1833 et la France en 1848.
Cependant les trafiquants d'esclaves arabes continuèrent à sévir en Afrique orientale jusqu'à la fin du XIXème siècle.

LES ETATS AFRICAINS DU XVIème AU XIXème SIECLE

Le déclin africain pendant cette période est dû à des causes diverses: en premier lieu la traite, mais aussi l'ouverture de la route des Indes, qui enleva son rôle d'intermédiaire économique à l'Egypte; l'abandon des vieilles relations transahariennes au profit du commerce maritime le long du littoral atlantique; les guerres saintes menées par de nouveaux Etats musulmans, qui détruisirent certains royaumes très anciens et ravagèrent de vastes pays du Soudan.
Sur la côte ouest, de la Gambie au Nigeria actuels, la plupart des Etats s'orientent entièrement vers le commerce avec les Européens, devenant les auxilliaires de la traite, tourant le dos à l'Afrique, qui n'est plus qu'un terrain de chasse pour leurs razzias. Les profits du trafic des esclaves engendrent une corruption qui sera fatale, dès le XVIIIème siècle, au Bénin. Ils suscitent aussi la naissance de redoutables Etats militaires, pourvoyeurs de négriers, tels que la confédération des Achantis, le royaume yorouba d'Oyo et le Dan-Homey ou Abomey (Bénin), qui opposeront plus tard une énergique résistance à la colonisation européenne.

Au Soudan occidental, la défaite de l'empire Sonrhaï (1591) a permis aux Marocains de s'installer pour deux siècles sur le Sénégal et le Niger. Cette domination fit décliner de grandes cités autrefois florissantes, Gao, Tombouctou, Djennée, épuisa le pays par une fiscalité impitoyable, faillit anéantir à jamais la civilisation soudanaise par la mise à mort des élites intellectuelles et religieuses.

Sur le Niger moyen, après l'éffacement définitifdu Mali (seconde moitié du XVIIème siècle), les royaumes animistes des Bambaras, de Ségou et de Kaarta, et, plus au sus, les Etats des Mossis, constituaient toujours une ligne de résistance à la pénétration de l'islam. Celui-ci n'en continua pas moins ses progrès dans les pays soudanais grâce à la conversion progressive, aux XVIIème/XVIIIème siècle, des Peuls, qui prirent conscinece de leur vocation guerrière après la fondation, entre 1725 et 1790, de leurs trois royaumes du Fouta Djalon, du Fouta Toro et du Bondou (Sénégal et Guinée).

Au début du XIXème siècle, ces Peuls déclenchèrent la guerre sainte contre les royaumes païens, en particulier les Bambaras. A la veille des grandes conquêtes coloniales, la bande soudanaise de l'Afrique se trouva ainsi profondément bouleversée: au Nigeria actuel, Ousmane dan Fodio fonda l'empire peul de Sokoto (vers 1809/1885); sur le Haut-Niger, Cheikou Amadou créa un autre royaume peul autocratique, celui du Macina (vers 1818), détruit en 1862 par El-Hadj Omar, lui-même fondateur d'un empire toucouleur qui recouvrit dans sa plus grande extension tout le Mali actuel. Dans les pays bantous, le Congo, dont le souverain s'était converti au catholicisme dès le XVIème siècle, tomba bientôt en décadence et se morcela sous les coups conjugués de ses voisins et des Portugais (vers 1660). Sur la côte orientale, les Portugais s'étaient installés dans la région de l'embouchure du Zambèze (Mozambique). Tout à leur idée d'exploiter les richesses minérales du Monomotapa, ils abandonnèrent peu à peu les positions qu'ils avaient conquises plus au nord. Dès la fin du XVIIème siècle, les Arabes d'Oman, trafiquants d'esclaves, s'installèrent ainsi à Mombassa. Mais le Monomotapa déçut les espérances des Portugais, qui, vers 1630, lui avaient imposé à la fois le christianisme et leur suzeraineté. Les souverains vassaux des Blancs furent battus par les «changamires» du sud, qui, devenus maîtres de tout l'ancien Monomotapa, vers la fin du XVIIème siècle, rompirent les relations avec les Portugais, lesquels s'inclinèrent. En Afrique australe, le XVIIème siècle fut marqué par la progression des Bantous, qui occupèrent peu à peu le Transvaal, l'Orange, le Natal, l'est de la province du Cap. Mais, dans le sud de cette même province, les Hollandais les avaient précédés (arrivée de l'expédition de Van Riebeeck, 1652). Les premiers Etats bantous d'Afrique du sud ne s'organisèrent que vers la fin du XVIIIème siècle et, dès 1870, les guerres «cafres» commencèrent entre Bantous et Boers. Les premières années du XIXème siècle furent particulièrement agitées: ce fut d'abord, à partir de 1818, l'expansion des Zoulous, conduits par Tchaka (appelé le «Napoléon noir», puis le «grand trek» boer de 1837/54.
A Madagascar enfin, où les Français cherchaient vainement à prendre pied depuis 1643, l'hégémonie passa, vers 1800, des royaumes sakalaves au royaume mérina, qui, avec Radama Ier (1810/1828), allait se rendre maître de la plus grande partie de l'île.

L'EXPLORATION DE L'AFRIQUE

Vers 1800, l'Europe ne connaissait encore de l'Afrique que ses côtes; tout l'intérieur restait à découvrir. Les principales explorations eurent pour but trois régions difficilement accessibles  :

Le Sahara et le Niger
Parti de la Gambie, l'Ecossais Mungo Park atteignit le Niger à Ségou (1796) et explora le cours moyen du fleuve. Il établit que le grand fleuve soudanais, connut depuis Ptolémée, coulait vers l'est et non vers l'ouest, comme on le croyait jusqu'alors. Après l'Ecossais Gordon Laing, qui avait été assassiné, le Français René Caillié, déguisé en musulman, parvint à Tombouctou en 1828 puis réussit à traverser le Sahara, du Niger au Maroc. La reconnaissance détaillée des territoires sahariens fut l'œuvre de trois explorateurs allemands - Barth, qui se rendit de Tripoli au lac Tchad puis à Tombouctou (1850/1855); Rohlfs, qui explora le désert de Libye, en particulier la région de Koufra (1867); Nachtigal, qui explora le Tibesti et le Darfour (1871/1873) -  et du Français Duveyrier, qui parcourut le Sahara de l'ouest de 1859 à 1862. Le problème du Niger avait été résolu  en 1830 par le voyage des frères Lander qui, parvenu à Boussa par voie de terre, avaient descendus le fleuve jusqu'à l'Atlantique. A la fin du XIXème siècle, les missions militaires françaises de Flatters (1898) établirent définitivement la liaison entre l'Afrique du nord et le Soudan.

Les sources du Nil
Ptolémée les avaient situées aux «monts de la Lune» et avait deviné que le fleuve doit s'alimenter à des lacs. Dès 1770, James Bruce avait découvert les sources du Nil Bleu, en Ethiopie. En 1821, Caillaud et Letorzec atteignirent le confluent du Nil Bleu et du Nil Blanc. Des expéditions égyptiennes remontèrent le Nil mais ne purent dépasser Gondokoro, à 5 degrés au nord de l'équateur. En 1857, les Anglais Burton et Speke, partis de Zanzibar, découvrirent d'abord le lac Tanganyika. Au cours d'un second voyage (1860/1861), Speke parvint à un lac, auquel il donna le nom de Victoria, et devina que ce lac donne naissance au Nil. Peu après, Baker découvrait le lac Albert et les chutes Murchison.

Le bassin du Congo et l'Afrique centrale
Les deux grands explorateurs de cette région furent Livingstone et Stanley. Livingstone explora le bassin du Zambèze (1853/1856), découvrit les chutes Victoria (1855), les lacs Nyassa (1859), Moero et Bangouélo (1869); il  fut le premier Européen à pénétrer dans les confins orientaux du bassin du Congo et séjourna sur les rives du lac Tanganyika. Devenu célèbre pour avoir retrouvé Livingstone, Stanley réalisa la première traversée de l'Afrique d'est en ouest; il explora ensuite, après l'anglais Cameron (1873/1875), le bassin du Congo et contribua largement à la fondation du futur Congo belge. Vers la même époque, Savorgnan de Brazza parcourait le Gabon et reconnaissait le cours inférieur du Congo (1875/1885), le Portugais Serpa Pinto traversait l'Afrique australe d'ouest en est (1877/1879), Grandier explorait Madagascar (1868/1870)....

Olivier Bain
Créateur du site Afriquepluriel
http://www.afriquepluriel.ch
Janvier 2001


photo Paul Nadar (1882)
Bibliothèque Nationale de France
Paris (France)

VOIR également le chapitre Histoire et peuples de Sénégambie sur www.senegalaisement.com