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L'AFRIQUE DU NORD AVANT L'ISLAM
Constituée à la fin du IVème millénaire, l'Egypte
pharaonique avait de profondes racines africaines (rôle important de Thèbes et de la
Haute-Egypte).
La conquête du pays de Couch et de la Nubie fut un des grands objectifs de sa
politique dès l'Ancien Empire; au XVème siècle av.J-C, le Nouvel Empire réussit
à étendre la colonisation égyptienne jusqu'au delà de Napata, à la 4ème
cataracte. Cependant, conquise par les Perses (525), puis par Alexandre (332), l'Egypte négligea
désormais le Nil pour consacrer ses forces à l'hégémonie en Méditerranée orientale et en
Asie.
C'est encore la domination de la Méditerranée, mais cette fois à l'ouest,
qui inspira l'expansion phénicienne, la fondation de Carthage, la rivalité des Carthaginois
d'abord avec les Grecs de Cyrène et de Sicile, puis avec les Romains.
Victorieuse de Carthage en 146 av.J-C, après une lutte de 120 ans, Rome créa
la province d'Afrique, pacifia puis annexa la Numidie, conquit également l'Egypte et, à
partir de l'an 42 de notre ère, domina ainsi toutes les côtes septentrionales de l'Afrique,
de la mer Rouge à l'Atlantique. Les Romains accomplirent une magnifique mise en valeur économique
de tout le littoral mais, se heurtant à la résistance des Berbères, ils ne dépassèrent
pas, vers l'intérieur, les chaînes de l'Atlas. Dans les régions qu'ils contrôlèrent
effectivement, l'assimilation fut profonde: d'imposantes villes romaines se dressèrent à
Lambèse, Timgad, Djémila...; un Berbère romanisé, Septime Sévère, accéda à l'empire.
On saurait mal, dans cette belle civilisation de l'Afrique romaine, dégager
les traits caractéristiques d'un particularisme africain, si ce n'est peut-être dans le
domaine religieux.
Portés au syncrétisme, les Romains annexèrent les dieux puniques et la
religion des Libyens. Avec l'épanouissement du christianisme, à partir du IIIème
siècle, l'Afrique méditerranéenne se distingua non seulement par la science mais aussi par
une sorte de fougue caractéristique.
Mais les Vème et VIème siècle virent s'amorcer la
rupture entre l'Afrique du nord et l'Europe: en Berbérie, l'invasion vandale de 429 porta à
l'oeuvre romaine un coup fatal que ne put réparer la reconquête de la Tunisie actuelle par
les Byzantins (533/534). L'Egypte, ralliée à l'hérésie monophysite, se plaça, en partie
par une rébellion anti-impériale, en état de sécession religieuse.
Ces blessures devaient faciliter la conquête islamique.
Sur l'Afrique intérieure, les Anciens n'eurent jamais que des données
vagues. Le périple de l'Afrique ordonnée au VIIème siècle par le pharaon Néchao
et l'expédition carthaginoise d'Hannon jusqu'au golf de Guinée (Vème siècle)
restèrent sans suite. Ni les marins égyptiens qui connurent les côtes de l'Afrique
orientale jusqu'à Zanzibar, ne ce Diogène qui longea les mêmes côtes jusqu'à Dar el Salam
au temps de l'empereur Claude, ni les expéditions terrestres des Romains jusqu'au Fezzan et
peut-être jusqu'au Niger (Cornelius Balbus, 19 av.J-C) n'apportèrent de renseignements
importants sur l'Afrique noire. |
CONTACTS SAHARIENS
Les archéologues ont pu prouver cependant que l'Afrique ne vivait
nullement isolée du reste du monde. Un rôle essentiel d'intermédiaire fut joué en premier
lieu par la Nubie, par ce royaume de Couch que les pharaons avaient soumis vers le milieu du
IIème millénaire, mais qui redevint, vers 800 avant notre ère, un Etat indépendant
assez puissant pour conquérir à son tour l'Egypte et y imposer, au VIIIème siècle,
la XXVème dynastie nubienne ou éthiopienne. La fin de l'Egypte pharaonique entraîna
une africanisation de la Nubie. Le royaume de Méroé, qui succéda au VIème siècle
av.J-C à celui de Napata (confluent du Nil et de l'Atbana), fut le grand diffuseur de
l'industrie du fer en Afrique par la vallée du Nil et le Tchad vers le Niger, et par la Bénoué
vers le golfe de Guinée. Par la suite, les migrations bantoues, parties de la région
tchadienne, devaient introduire la métallurgie en Afrique centrale et australe
Ainsi, la plus grande partie de l'Afrique passa directement de l'âge de la
pierre à l'âge du fer sans connaître un âge du bronze.
D'autres échanges se développèrent par le Sahara. Dès l'époque d'Hérodote,
les Garamantes du Fezzan assuraient les liaisons commerciales entre Carthage et le Soudan,
ramenant vers la Méditerranée l'or, l'étain, les ivoires, les plumes d'autruche, les
animaux sauvages et aussi les esclaves. Le trafic saharien devient encore plus actif après
l'introduction, au début de notre ère, du dromadaire, venue de la Syrie par l'Egypte.
RELATIONS MARITIMES
Dès la préhistoire, l'Afrique avait eu de fréquentes relations avec
l'Inde, où vivaient des Dravidiens à peau noire. Dans les temps historiques, jusqu'au VIème
siècle, les navigateurs malais visitèrent régulièrement les côtes de l'Afrique orientale,
faisant pénétrer dans cette région toutes sortes d'innovations techniques telles que la
culture du bananier, du cocotier, l'art de la pêche avec la pirogue à balancier, le défrichement
par le feu, le soufflet de forge... Ce sont encore les Malais qui commencèrent le peuplement
de Madagascar, vers l'an 400 de notre ère. Mais les côtes orientales africaines attiraient
aussi, depuis les temps les plus reculés, les Arabes du Yémen et du golfe Persique, qui
servaient d'intermédiaires entre l'Afrique et l'Asie tout entière pour l'exportation de
l'or, de l'ivoire, des esclaves, pour l'importation sur le continent noir des étoffes, des
soieries, des objets de cuivre et des épices. 
Carte de l'Afrique
202 avant .J.-C.
(www.afriquepluriel.ch)
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L'EXPANSION DE L'ISLAM
L'arrivée des Arabes fut un événement capital pour l'Afrique, désormais
ouverte à l'islam. Entrés en Egypte en 639, en Cyrénaïque en 642, les Arabes fondèrent
Kairouan en 670 et furent maîtres de toute la Berbérie en 709. Le Maroc leur servit de base
pour l'invasion de l'Espagne. Réalisée avec de faibles forces, cette conquête ne changea
pas tout de suite les données humaines fondamentales de l'Afrique du Nord. Rapidement islamisés,
mais de manière assez superficielle, les Berbères exprimèrent leur particularisme en adhérant
au kharidjisme.
A la faveur de la crise califale (renversement des Omeyyades par les
Abbassides en 750), trois royaumes berbères indépendants apparurent, correspondant à chacun
des pays actuels du Maghreb : ce furent les royaumes des Rostémides de Tahert, en Algérie,
des Idrissides au Maroc, et des Aghlabides en Tunisie. S'appuyant sur le particularisme berbère,
les Fatimides renversèrent les Aghlabides (909), puis firent la conquête de l'Egypte et s'établirent
au Caire (972), laissant l'Afrique du Nord sous l'autorité d'une nouvelle dynastie berbère,
celle des Zirides. Ceux-ci ayant rejeté toute suzeraineté (1048), les Fatimides se vengèrent
en déchaînant sur l'Ifrikiyya la désastreuse invasion des Arabes Banou Hilal (1051-1052).
Peu après, le Maghreb subissait une nouvelle invasion (à partir de 1055)
: les Almoravides (nomades berbères), venus du Sahara méridional, allaient créer un empire
comprenant à la fois le Maghreb occidental et toute l'Espagne musulmane.
Dans la seconde moitié du XIIème siècle, les Almoravides furent
renversés par d'autres Berbères, les Almohades, qui, pour l'unique fois dans l'histoire, réalisèrent
l'unité du Maghreb musulman (de 1159 à 1235 environ). Mais à la suite de défaites subies
en Espagne (Las Navas de Tolosa, 1212), l'empire almohade se morcela et fit place à de
nouvelles dynastie locales: les Abdelwadides de Tlemcen, les Hafsides de Tunis, les Mérinides
de Fès. A l'arrière plan de ces luttes entre Berbères se poursuivaient, depuis l'invasion
hilalienne du XIème siècle, une progressive arabisation du Maghreb à la suite
d'arrivées successives de vagues arabes venues de l'est.
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