TEMOIGNAGE DE BERNARD TASSY

DU 6 AOUT 2003

Il n’y a jamais de véritable intégration ...

Bernard Tassy, de nationalité française et résidant actuellement en France, a travaillé pendant une vingtaine d'année dans sept états d'Afrique subsaharienne, sur des périodes allant de deux à cinq ans.

Il a aimablement répondu à mes questions.

Quel était le travail dont vous étiez en charge ?

Différent selon les pays. Cependant, pour la majorité d’entre eux, depuis les années 1980, chargé de développement rural local, avec, auparavant, un passage dans la recherche agronomique appliquée et l’enseignement supérieur.

Quels sont ces pays ?

Dans l’ordre chronologique : L’Ethiopie, l’Algérie, le Congo-Brazzaville, le Bénin, la Guinée Conakry, la Centrafrique, le Burundi.

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Quel est le ou les pays qui vous ont le plus marqué et de quelle façon ?

L’Ethiopie : premier pays d'Afrique où je suis arrivé. Marqué, car il était en pleine guerre civile et frontalière pendant ma période de résidence.

La Centrafrique, avec, dans les années 94, la première apparition massive des « Enfants de la rue », phénomène récent mais en développement exponentiel.

Le Bénin et le Burundi, où j’ai oublié pendant quelques temps que la couleur de ma peau était différente de celle de mes collègues, et où je me suis senti chez moi.

Le Congo et la Guinée pour des raisons exactement contraires à celle exposées ci-dessus.

Le cas échéant, quels sont les obstacles ou les différences culturelles qui vous ont empêché de faire votre travail tel que vous l'auriez fait en Europe ?

- Le manque d’éléments favorables dans le contexte socio-économique (Ressources humaines motivées, crédits, formations, logistique) qui permette d’initier des actions de développement  sur lesquelles les populations puissent s’appuyer de façon permanente lorsque l’aide internationale prend fin, et que l’assistance technique renforcée par les projets leur est supprimée.

- La susceptibilité et les complexes de certains cadres face à l’expertise technique venue d’ailleurs.

- La corruption de certaines administrations.

Dans quel pays, parmi ceux connus de vous, votre intégration a t-elle été la plus aisée ? Quelles en sont les raisons ?

Il n’y a jamais de véritable intégration : trop de différences économiques, culturelles et d’archétypes, de comportement aussi. Tolérance et  acceptation de ces différences de la part de chacun des interlocuteurs sont les seuls facteurs qui permettent une cohabitation, et lorsque ça arrive pour les personnes régulièrement en contact, une sympathie mutuelle pouvant aller jusqu'à une réelle amitié.

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Voir, sur les enfants de la rue de Centrafrique :

http://www.diocese-chartres.com/mouvements/secatho/archives/bangui4.htm

Extrait :
"A Bangui, la capitale, sur 600.000 habitants,   il y a plus de 2.000 enfants de la rue et un nombre incalculable d’enfants dans la rue."

http://www.beafrica-opinions.com/depeches/depeches526.htm

Extrait :
"Bangui, Centrafrique (PANA) - Mercredi 27 Juin 2001 - La Fondation la Voix du coeur est une organisation non gouvernementale (ONG) qui recueille, depuis sa création en 1994, les jeunes Centrafricains en situation difficile, communément appelés "enfants de la rue"."

Voir, sur la corruption en Afrique :

http://www.democraf.com/