Lutte contre l’insécurité alimentaire : quelques actions ponctuelles qui peuvent y contribuer.

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Pendant toute la durée de sa mise en pension dans le Centre, l’animal, identifié désormais par une bague ou une boucle d’oreille, reste en nom la propriété de la paysanne, mais les usufruits sont acquis définitivement et sans contrepartie au gérant du centre : lait, œufs, poussins, agneaux, fumier…etc. Les frais de vaccination, d’entretien, de soins et de nourriture sont à la charge de l’hébergeur.

Dans le Centre, les animaux sont systématiquement vaccinés,  les femelles sont fécondées par des géniteurs de race améliorée.

Lorsque la propriétaire dispose de la somme nécessaire à terme échu ou plus tard, elle vient récupérer son bien dans les conditions précisées lors du dépôt, avec des clauses particulières applicables dans les trois cas suivants.

Si l’animal est une femelle fécondée et gravide au moment du retrait, le jeune naîtra chez la propriétaire qui en bénéficiera.

Si, lors du retrait, l’animal est une femelle allaitante dont le départ soudain du Centre risque de conduire à la perte du jeune, la femelle ne pourra être récupérée que lorsque le sevrage aura été réalisé, mais une partie ou tout le coût de retrait sera soit réduit, soit annulé, ou si accord, un autre animal jugé d’une valeur équivalente par les deux parties, remplacera la femelle indisponible.

Si l’animal en dépôt est mort pendant le séjour, un animal jugé d’une valeur équivalente sera fourni en remplacement par le Centre.

1.3. Conditions d’applications

La création ex-nihilo d’un Centre de prêts en nature dans une communauté villageoise implique des investissements non négligeables et des charges récurrentes les premières années que le monde paysan ne peut assurer seul. Il faut impérativement disposer de financements externes.

Son efficacité en tant que service  de réduction de la dépendance des producteurs vis-à-vis des commerçants ne sera effective  que pour les personnes résidant dans un espace rural délimité par un trajet qui n’excède pas plus d’une demie  journée de marche pour la population concernée.

La gestion technique d’un Centre de prêt en nature de proximité exige une gestion technique et financière  rigoureuse de la part de l’hébergeur, et par conséquent, il faut qu’il existe dans sa région d’implantation des structures d’accompagnement efficaces capable d’exercer un appui rapproché et fréquent (services vétérinaires, de vulgarisation, comptables...) .

Le Centre doit pouvoir être financièrement autonome rapidement et il doit pouvoir équilibrer ses comptes financiers, ce qui exige qu’il puisse avoir accès aux marchés dans des conditions identiques à celles des commerçants individuels.

Un certain nombre de paramètres techniques ou financiers ne peuvent être définis à priori et dépendent du contexte social et économique du Centre (prix de la pension, durée de l’hébergement, nature et quantité des animaux à héberger, nombre de personnes employées…).

1.4. Avantages  et risques des Centres villageois de prêts en nature

Pour la population, le premier risque est celui d’être confronté à la faillite du Centre en cas de mauvaise gestion ou de malversation. Dans ses premières années de fonctionnement, le système de dépôt/retrait doit fonctionner sans aucun échec pour établir une confiance réciproque entre les deux acteurs.

Par contre, c’est l’occasion pour les ménages ruraux de pouvoir accéder facilement à une structure de contrôle sanitaire et de vaccination, pour l’obtention à moindre frais d’animaux de race croisées améliorées, de disposer d’un centre d’approvisionnement en produits frais (lait, œufs...) pour les ménages non agricoles, les dispensaires, les écoles, et de matière organique fermentées, fumier et compost, pour les maraîchers locaux.


Gambie, marché - photo Bernard Cloutier

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