Lutte contre l’insécurité alimentaire : quelques actions ponctuelles qui peuvent y contribuer.

par Bernard Tassy

 

1.1. Exposé du problème

Dans la majorité des pays d’Afrique sub-sahélienne, les paysans qui sont de petits exploitants individuels, ont épuisé en fin de saison des pluies les quelques ressources financières que leur a procuré  la vente des produits agricoles de la saison de production précédente, et doivent impérativement se procurer immédiatement l’essentiel de leurs revenus monétaires en vendant au plus tôt, et parfois sur pied, une partie des récoltes qui arrivent à maturité.

L’acheteur est en général un commerçant ambulant venu de la ville, qui possède une  capacité de transport, de stockage et des réserves financières suffisantes pour ne vendre que lorsque les prix  au marché sont au plus haut,  ce qui se produit systématiquement juste avant que commence la récolte suivante.

Parmi les solutions proposées pour essayer de briser cette  réelle  exploitation du producteur par le commerçant, les plus utilisées par les acteurs du développement sont celles de prêt accordés par des Caisses de prêts agricoles, rares, chères, et qui exigent des garanties, les organismes coopératifs de stockage et de vente, mais souvent gérés par les notables locaux hors contrôle paysan, les greniers villageois dit aussi "Banques Vivrières", et les Centres Délocalisés de Prêts aux producteurs.

C’est de cette dernière action dont nous allons parler dans cet article, car c’est un procédé peu connu.


Les tata-somba sont des habitations fortifiées du Bénin (province de Natitingou) au sommet desquels les greniers peuvent contenir 500 kg de denrées alimentaires pendant plusieurs saisons des pluies sans altération.

Exemple 1. Créer un Centre Délocalisé de Prêts aux Producteurs

1.2. Description

Le Centre est une exploitation agricole aménagée et équipée pour recevoir des animaux de basse court en pension, qui dispose d’une trésorerie suffisante  pour payer cash, tout au long de l’année des prêts sur gage aux éleveurs de basse court.

Le système de prêt est le suivant :

Lorsqu’un producteur, en général une femme, a besoin d’une somme d’argent (dépenses imprévues, participation à une tontine..), elle a la possibilité d’apporter au Centre une poule, une pintade, un lapin, ou même une chèvre ou une brebis. Cet animal lui est payé immédiatement, au prix pratiqué en la saison sur les marchés locaux par exemple, avec possibilité de le récupérer  contre remboursement, avec ou sans surcoût mais uniquement après une date d'échéance  fixée par consentement mutuel.

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