les
étudiants africains à Nice
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| Le
parcours universitaire
On s'aperçoit que les étudiants ont un parcours universitaire qui se modifie au fil des années et on peut se demander si les études poursuivies dans la logique du retour dont il sera parlé plus loin, correspondent aux besoins sur place. Mais Amina, étudiante en communication, pense qu'il doit y avoir des débouchés pour elle : Les Sénégalais dont de la communication sans le savoir et s'il n'y a pas de structure ou de poste dans ce domaine, il faudra les créer. Christelle avait pour objectif de départ d'être interprète, mais après une maîtrise de L.E.A., elle suit actuellement un cycle d'économie du développement. Ce changement d'orientation est dû, selon elle, à un décalage culturel énorme et à un certain laisser-aller personnel en découlant. Le fait de faire de longues études n'est pas perçu comme un choix par Christelle : C'est ça ou être chômeur. Elle n'a pas l'impression d'être particulièrement courageuse mais plutôt chanceuse, même si elle a perdu toutes ses illusions. La vie de famille qu'elle souhaite avoir sera au moins pour elle une construction si ses études ne la mènent pas à la réussite professionnelle qu'elle aurait pu envisager.
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Le retour Quant au retour au pays une fois les études terminées, il se veut évident, surtout pour les plus jeunes. Mais Mamadou explique que s'il ne retourne pas en Mauritanie, au vu des circonstances locales difficiles, il souhaite rester en Afrique et trouver un emploi notamment en Afrique du Sud où il y a beaucoup de nouvelles perspectives. Pour Bongwele, le retour au Zaïre est probable mais sera conditionné par le degré de stabilité politique. Malik devait rentrer au Sénégal après sa maîtrise et s'inscrire au barreau de Dakar. Mais, attiré par la recherche fondamentale, il a préparé une thèse et s'est marié et sa famille s'est agrandie. Conseilleriez-vous à un
frère ou une soeur de venir étudier en France et à Pour Bongwele et Malik, la réponse est négative. |
Malik invoque tout d'abord des raisons d'ordre rationnel : Cela dépend de la matière choisie. Si l'étudiant veut faire Sciences Eco., il est préférable qu'il aille aux Etats-Unis ou au Canada où l'enseignement est davantage pratique alors qu'en France il est trop théorique. Mais, en réalité, la véritable raison est d'ordre émotionnel : En France, psychologiquement, c'est trop dur, il ne sera pas aidé. La différence d'avec le Canada par exemple, c'est que ce pays aide davantage les étudiants, d'où qu'ils viennent. Il y a plus de rationalité. Ici, les étudiants ont une impression de rejet et c'est ainsi qu'ils se marginalisent en restant entre eux. Christelle, quant à elle, se souvient de son arrivée à Nice, en 1985-1986, à l'époque de la cohabitation et de Pasqua, rappelle t-elle. Elle nous raconte ces deux incidents : Alors que je me trouvais dans le bus, il y a eu un contrôle des titres de transport. Je me suis tout de suite sentie repérée. Le contrôleur est venu vers moi, il a regardé mon ticket, est allé contrôler d'autres personnes puis est revenu vers moi pour vérifier à nouveau mon ticket, faignant l'oubli. Une autre fois, encore dans le bus, j'occupais une place assise et près de moi, debout se tenait une dame chargée de paquets. Je lui proposais ma place et elle me répondit qu'elle ne m'avait rien demandé. Je ne savais plus où me mettre. J'avais tellement honte. En fait, le problème c'est que par mon geste, je m'étais permis, moi, une Africaine, de donner une leçon de morale aux autres passagers qui n'avaient pas proposé leu place. Il m'a fallu plusieurs jours pour oublier cet incident. |
Si vous vous reconnaissez dans ces pages ou reconnaissez une de vos connaissances, contactez-moi ! (3 octobre 2002)