ENTRETIEN AVEC MALICK WADE

DU 4 OCTOBRE 2002
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Quelles sont, selon vous, les zones qui mériteraient d'être exploitées d'un point de vue touristique, au Sénégal ?

C'est la Grande Côte.

Aujourd'hui, l'intérêt, c'est que la Petite Côte rapporte énormément de devises au Sénégal.

Je ne connais pas les chiffres mais je sais que le Sénégal profite à fond de sa politique touristique. A part le Kenya, je pense que c'est le seul pays en Afrique, de part sa stabilité politique, économique qui en soit là. Le Sénégal ne connaît pas de coup d'Etat, de guerre civile. Les guerres civiles que l'on connaît jusqu'à présent ont des sources assez lointaines. Il y a certains pays qui sont structurés de manière ethnique ou clanique. Je pense qu'au Sénégal, la seule force, c'est qu'il y a eu ce brassage interethnique  multi-séculaire. Les différentes ethnies cohabitent, sont intégrées les unes par rapport aux autres. On n'a pas non plus de problème au niveau de l'armée qui est une armée très loyaliste.

Au-delà de l'intégration interethnique, il y a l'intégration multiculturelle, confessionnelle. C'est cela qui fait la force de notre pays. Le président Senghor était de confession catholique et une partie de sa famille est musulmane. Notre pays est riche de sa diversité, ethnique, culturelle, confessionnelle.

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C'est donc la Grande Côte qui peut être développée d'un point de vue touristique. ça a d'ailleurs déjà commencé.

Saint-Louis, c'est la capitale du Nord. Aujourd'hui, on a compris l'intérêt de passer par la route du Nord, un intérêt économique majeur si bien qu'on est en train de construire des routes. On met en valeur maintenant la Grande Côte.

La Grande Côte, c'est une bande de terre, une bande de plage qui fait près de 270 kilomètres qui va jusqu'à l'embouchure, là où le Sénégal se jette dans l'Atlantique. On rejoint la Langue de Barbarie, bande de terre qui va du territoire mauritanien qui se trouve à quelques kilomètre de Saint-Louis par le bord de mer. C'est par là d'ailleurs qu'arrive le Paris-Dakar.

Cette Langue de Barbarie est connue, avec l'hydrobase qui se trouve à Saint-Louis d'où s'était envolé Mermoz.

Votre famille est de Saint-Louis, 
n'est-ce pas ?

Je suis Saint-louisien moi-même, même si je suis né en Côte d'ivoire.

Votre arrière-grand père a été le premier maire de Saint-Louis et l'un de vos oncles a été maire de Saint-Louis également.

Mon arrière grand-père, Pierre Chimère, a été le premier maire noir de Saint-Louis, et comme son nom l'indique, était catholique. J'ai en effet un oncle qui a  été maire de Saint-Louis, Abdoulaye Chimère Diaw, membre de l'Assemblée nationale, qui est toujours en vie mais qui a arrêté ses activités, et qui est un Saint-louisien pur et dur.


Saint-Louis, une rue vue de l'Hôtel de la Poste (1986)

C'est une ville qui est classée patrimoine de l'Humanité. C'est une ville qui est en pleine réhabilitation et il n'est pas question d'y construire n'importe quoi et n'importe comment.

C'est une ville qui a les allures d'une ville comme Saint-Louis du Missouri.

C'est une ville très typique, les alignements sont très typiques d'une vieille ville provençale, ce qui explique qu'il y a un afflux massif d'Européens qui viennent acheter des maisons.

Sur la façade atlantique de Saint-Louis, vous avez déjà des campements, des hôtels qui se mettent en place petit à petit. Ce qui s'y fait, moi je trouve que c'est bien parce que ça s'intègre bien dans le site.

Certains Italiens ont commencé à investir. Les Japonais, les Américains sont intéressés par la Grande Côte. C'est la raison pour laquelle on est en train de modifier la piste de l'aéroport de Saint-Louis qui est en pleine expansion.

A côté de Saint-Louis, vous avez le parc du Djoudj, le cinquième parc ornithologique du monde.

Ce qui m'a beaucoup interpellé, c'est que tous ceux qui sont à l'origine de ces programmes touristiques, ce sont en général des Européens. 

Il y a quelques années, je suis allé à Ngor avec mon épouse. Le Club Med. est à côté, on le voit. Mais je voulais qu'elle s'aperçoive d'elle-même que tout le tapage publicitaire que l'on fait autour du Club Med. se réduit à une sorte de banalité. Elle peut passer cinquante fois devant sans se rendre compte que c'est le Club Med.

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VOIR sur Saint-Louis :

VOIR sur Jean Mermoz :

VOIR sur la langue de Barbarie :