Cyclone

par Arlette Boujarel

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Jeudi 12 février

A 1 heure du matin, on situait Clotilda par 210 sud et 52°5 est, soit à 300 km de notre île. Les services météo précisaient alors que le phénomène semblait vouloir se renforcer et que les pressions barométriques baissaient régulièrement.
L'alerte n°2 est déclenchée à 5 heures.

A 8h30, on situait Clotilda par 20°7 et 54° est soit à 140 km à l'ouest de la Réunion. Elle poursuivait un lent déplacement vers l'est sud est "les conditions météo vont s'aggraver" indiquent les services météo.

En fin de matinée, Clotilda était centrée par 20°9 sur et 54°3 est, soit à environ 110 km de notre île.

Selon les services de la météo, elle devrait passer à proximité du sud ouest de l'île : en fin d'après midi, les vents moyens de plus de 100 km/h pourraient avoir des pointes de plus de 150 km/h.

L'alerte n°3 est décidée pour 14 heures.

A 16 heures, Clotilda était signalée par 20°8 sud et 54° est, à 90 km à l'ouest de notre île.

On la disait "modérée à forte" et quasi stationnaire.

Le soir, elle ne sera plus qu'à 50 km de la Pointe des Galets. les vents dans les hauts atteignent des vitesses effrayantes de 160 à 180 km/h.

A Saint Denis, c'est le "Jeudi noir" pour les habitants de Chateau Morange : des torrents de boue et des fleuves déferlent dans les maisons, renversent les voitures. détruisent une station service et un restaurant.

A la Montagne, vers 18 heures, un jeune homme de 23 ans est entraîné par les eaux déchaînées en voulant traverser la Ravine José Michel.

Toujours à la Montagne au PK II, une mère de famille de 31 ans et sa petite fille de 10 mois sont emportées avec leur case ; seule l'aînée âgée de 10 ans pourra être sauvée.

Des craintes ont été émises sur la résistance des digues du Port de la Pointe des Galets au moment où l'on enregistrait une houle de 4 mètres à 4,5 mètres.

Au P .C. Orsec de la préfecture affluent de tous les coins de l'île des S.O.S.

Vers 20 heures, tous les habitants du front de mer sont évacués. A 21 heures, le débit de la Rivière des Pluies était de 600 m2/ seconde, l'équivalent de celui de la Seine à son embouchure.

Vers 21h30, à Sainte Suzanne, l'alerte est donnée au village Desprez. 2500 personnes devront être évacuées, cette mesure s'avère inutile par la suite car les trombes d'eau cessent de s'abattre sur la région.

A 21h50, 300 personnes à évacuer à Sainte Marie.

Une patrouille de gendarmerie a entendu les appels au secours désespérés de deux familles coincées entre deux ravines qui débordaient entre Saint Benoît et Sainte Anne. il leur fut impossible d'accéder à cet endroit ; pendant que les secours s'organisaient par le sud, les eaux ont heureusement cessé de monter.

Commune Prima inondée, 150 personnes sont véhiculés par les Sapeurs pompiers dans des camions de l'armée à 21h30 vers les différents centres d'hébergement que la commune a mis à la disposition de la population.

La Rivière des Marsoins est sur le point de déborder, la population à proximité est évacuée par les pompiers vers 22h30. Trois heures plus tard, c'est la passerelle qui est emportée.

Près de 20 personnes bloquées par deux bras de la Ravine Blanche au Tampon. L'accès des véhicules de secours est impossible jusqu'aux habitations. Les hommes de la caserne du Tampon évacuent les sinistrés à pied et à l'aide de cordes. Même scénario à la Petite Plaine (Plaine des Palmistes) : deux familles se retrouvent prisonnières par deux radiers, cette fois, ce sont les gendarmes qui les conduisent à la mairie.

La force des vagues était telle que des tétrapodes de 30 tonnes ont été déplacés, ils ont bougé de 20 à 30 mètres suivant les endroits.

Dès 23 heures, Le Brulé était totalement isolé du reste de l'île. 50 mètres d'éboulis coupaient le CD 42, le CD 43 était lui aussi impraticable et les liaisons téléphoniques étaient impossibles.

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