Dagbego
Dagbego
est un petit village situé à 250 km de la capitale économique
d’Abidjan dans la région paisible et encore sauvage de Sassandra,
porte du sud-ouest de la Côte d’Ivoire.
Dagbego
est bâti sur une langue de terre entre l'océan atlantique (golfe de
Guinée) et le petit fleuve côtier Dagbé. Ce dernier devient
lagune après avoir traversé la forêt primaire.
Ce village abrite le peuple Neyo dont le nom viendrait de "Néné-yo" ce qui signifie
"les enfants de Néné" ancêtre éponyme de l’ethnie. Les Neyo font partie de la grande famille Krou. Ils sont tous animistes, parfois également monothéistes. La famille élargie est très symbolique et importante pour les Neyo tous comme dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire. Ainsi perdre un membre de la famille demande beaucoup de rituels et de cérémonies. C’est l’exemple des funérailles chez les Neyo.
Déroulement des funérailles
Le premier jour, quant la personne meurt, on avertit tous les villages où elle a des parents. Quand ceux-ci sont prévenus, on fixe une date pour les funérailles. Une fois ceci fait, on procède aux préparatifs pour pouvoir accueillir ceux qui doivent venir. L’avant-dernier jour, on fait une autre communication dans les villages.
Dès que le corps arrive le vendredi après-midi, tout le monde pleure. Après ça le doyen appelle les premiers arrivés, c’est-à-dire les parents proches pour demander les nouvelles et donner aussi les causes de la mort. La nuit tombée, c’est la veillée traditionnelle. Cependant, les femmes sont habillées en noir avec des banderoles de couleur blanche ; les jeunes jouent les tamtams. On fait du café pour les étrangers. Le chef de famille offre du bandji (vin de palme. Prononcer « bangui »), de la bière, du vin et du koutoukou (alcool de palme).
Le samedi, c’est l’arrivée des grandes délégations. Le chef de famille doit acheter assez de boissons pour recevoir tout ce monde. Les femmes préparent à manger. Après le repas, tout le monde se rend à l’endroit indiqué où l’on doit recevoir les invités. Le doyen du village donne les nouvelles aux parents et amis venus d’ailleurs par son porte-parole. Après cela, les invités remercient les villageois et la famille du défunt. Le doyen dit merci au nom de tous les villageois et en même temps donne à boire à tout le monde. Ceux-là présentent les condoléances en donnant à leur tour un peu d’argent. Ceux qui doivent donner des pagnes (tissus traditionnels) le font (les beaux-fils). Les femmes chantent, le village bouge, ceux qui sont fatigués dorment. Les enfants jouent sur la plage. Mais les femmes du défunt doivent veiller sur le corps jusqu’à sa dernière demeure.
L’heure de l’enterrement approche. On annonce ça aux délégations. Deux représentants des familles maternelle et paternelle sont présents pour assister comment le corps doit être mis dans le cercueil et départ au cimetière. Après l’enterrement les gens continuent leurs assises.
Le dimanche, les gens regagnent leur domicile respectif. Seuls les parents proches restent jusqu’à la fin des funérailles.
|