FUNERAILLES
EN COTE D'IVOIRE (DAGBEGO)

 

Récit et photos de Jeannot GNAKO  
(beau-frère du défunt)

Africaquiz remercie Jeannot Gnako et Béatrice Grandcolas pour l'envoi de cet article.

  

Jeannot GNAKO

Agé de 27 ans, élevé au village de Dagbego, Jeannot GNAKO fait ses études primaires à 100 km à l'Ouest de son village natal (dépourvu d'électricité et d'école) dans la ville de San Pedro, deuxième port de Côte d'Ivoire où son père a trouvé un emploi. Après quelques années comme serveur dans un hôtel d'Abidjan, il revient dans son village d'origine et devient planteur (cacao et riz). Un emploi à Best of Africa, hôtel-restaurant construit sur la baie historique (origine du village datant du 15 ème siècle avant ou après Jésus Christ selon la tradition orale) de Dagbego lui permet durant les deux premières années de subvenir à ses besoins dans l'attente des premières récoltes. Il est en outre un talentueux musicien et danseur.


Dagbego

Dagbego est un petit village situé à 250 km de la capitale économique d’Abidjan dans la région paisible et encore sauvage de Sassandra, porte du sud-ouest de la Côte d’Ivoire.

Dagbego est bâti sur une langue de terre entre l'océan atlantique (golfe de Guinée) et le petit fleuve côtier Dagbé.  Ce dernier devient lagune après avoir traversé la forêt primaire.

                 

Ce village abrite le peuple Neyo dont le nom viendrait de "Néné-yo" ce qui signifie "les enfants de Néné" ancêtre éponyme de l’ethnie. Les Neyo font partie de la grande famille Krou. Ils sont tous animistes, parfois également monothéistes. La famille élargie est très symbolique et importante pour les Neyo tous comme dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire. Ainsi perdre un membre de la famille demande beaucoup de rituels et de cérémonies. C’est l’exemple des funérailles chez les Neyo. 

Déroulement des funérailles

Le premier jour, quant la personne meurt, on avertit tous les villages où elle a des parents. Quand ceux-ci sont prévenus, on fixe une date pour les funérailles. Une fois ceci fait, on procède aux préparatifs pour pouvoir accueillir ceux qui doivent venir. L’avant-dernier jour, on fait une autre communication dans les villages. 

Dès que le corps arrive le vendredi après-midi, tout le monde pleure. Après ça le doyen appelle les premiers arrivés, c’est-à-dire les parents proches pour demander les nouvelles et donner aussi les causes de la mort. La nuit tombée, c’est la veillée traditionnelle. Cependant, les femmes sont habillées en noir avec des banderoles de couleur blanche ; les jeunes jouent les tamtams. On fait du café pour les étrangers. Le chef de famille offre du bandji (vin de palme. Prononcer « bangui »), de la bière, du vin et du koutoukou (alcool de palme).

Le samedi, c’est l’arrivée des grandes délégations. Le chef de famille doit acheter assez de boissons pour recevoir tout ce monde. Les femmes préparent à manger. Après le repas, tout le monde se rend à l’endroit indiqué où l’on doit recevoir les invités. Le doyen du village donne les nouvelles aux parents et amis venus d’ailleurs par son porte-parole. Après cela, les invités remercient les villageois et la famille du défunt. Le doyen dit merci au nom de tous les villageois et en même temps donne à boire à tout le monde. Ceux-là présentent les condoléances en donnant à leur tour un peu d’argent. Ceux qui doivent donner des pagnes (tissus traditionnels) le font (les beaux-fils). Les femmes chantent, le village bouge, ceux qui sont fatigués dorment. Les enfants jouent sur la plage. Mais les femmes du défunt doivent veiller sur le corps jusqu’à sa dernière demeure. 

L’heure de l’enterrement approche. On annonce ça aux délégations. Deux représentants des familles maternelle et paternelle sont présents pour assister comment le corps doit être mis dans le cercueil et départ au cimetière. Après l’enterrement les gens continuent leurs assises.

Le dimanche, les gens regagnent leur domicile respectif. Seuls les parents proches restent jusqu’à la fin des funérailles.

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