TRANCHE DE VIE : 
UNE FRANçAISE EN COTE D'IVOIRE

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A la suite des événements de Côte d'Ivoire de septembre 2002, nous avons souhaité recueillir les témoignages de certains ressortissants français. Béatrice Grandcolas (www.bestofafrica.org) nous a fait l'amitié de répondre à nos questions.

  

... le pays est bien plus ouvert que ses voisins aux étrangers, peu embarrassé de formalisme bien souvent excessif chez les autres ...

HISTORIQUE

A quelle date remonte votre installation en Côte d'Ivoire ?

Je connais la Côte d'Ivoire depuis avril 1982.  De 1982 à 1988, j'ai effectué plusieurs déplacements professionnels de cinq à douze jours. J'ai ensuite habité à Abidjan du 1er octobre 1988 à fin août 1992.  

Quelle était votre motivation première lorsque vous avez décidé de quitter la France pour la Côte d'Ivoire ?

La motivation de mon premier séjour fût un coup de foudre (oui ! cela existe) de la part d'un Français alors conseiller du ministre des finances, responsable des recettes (Douanes, Trésor,  Impôts).  Une rencontre, deux jours ensemble, retour quatre jours, demande en mariage, installation comme avocat responsable de l'ouverture du bureau régional d'un des cinq plus gros cabinets d'avocats d'affaires parisiens.  Départ comme prévu en 1992 avec la promesse de revenir souvent comme touriste ou à la retraite et de ne jamais revivre sur le continent africain (à mon sens, trop dépourvu d'opportunités professionnelles, trop incertain sur les plans juridique, judiciaire et économique, et surtout dont l'image est si négative sur le plan professionnel qu'un passage en Afrique ne peut que venir freiner voire détruire une carrière professionnelle qui était alors prometteuse et réussie pour ce qui me concerne) malgré quatre merveilleuses années.  

ACTIVITE TOURISTIQUE

 

Vous y gérez aujourd'hui un complexe hôtelier.  Comment cela s'est-il passé ?

 

Aux termes de longues années de recherches vaines d'emploi tant à Washington, D.C. qu'à Paris, alors contrainte d'accepter des travaux de consultante mal payés et surtout très irréguliers et n'ayant plus de ressources et étant totalement seule, j'ai cherché à créer mon entreprise. 

 

J'allais me diriger vers l'immobilier à Paris (type franchise Guy Hoquet) sans grand enthousiasme quand le hasard de vacances au Cameroun ont conduit mon compagnon, qui venait d'être licencié d'une grande banque française à la suite d'une fusion, à s'intéresser à l'hôtellerie.

Dix huit mois de recherches, études comparatives sur l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest francophone et anglophone nous ont conduit à privilégier la Côte d'Ivoire alors pays indéniablement stable et que j'avais l'avantage de déjà connaître, i.e. un peu les règles écrites et d'usage mais surtout les clefs (bien plus important et long à acquérir) et où j'avais un petit réseau de connaissances et amis.   

Au-delà, et je le pense encore aujourd'hui, le pays est bien plus ouvert que ses voisins aux étrangers, peu embarrassé de formalisme bien souvent excessif chez les autres, n'oblige, ni dans les textes ni dans les faits, à une association avec des nationaux et a acquis un niveau de développement supérieur aux voisins en termes d'infrastructure et de formation.  


Charme et Cuisine, Confort et Nature.
Activités et Excursions, Calme et Tranquillité.

Dagbego - Côte d'Ivoire

Tél : (225) 34 72 06 06
E-mail : best@bestofafrica.org
Site : www.bestofafrica.org

Aviez-vous déjà des connaissances sur place à cette époque ?

 

En 1988, je n'en avais quasiment aucune à l'exception de mon mari, son fils de 14 ans qui vivait avec nous (vu brièvement à notre mariage) et quelques relations professionnelles chez Renault, mon ancien employeur, et dans quelques cabinets d'avocats et d'audit.  

En 1992, j'avais quelques amis intimes ivoiriens et français connus durant mon premier séjour, par hasard un de mes meilleurs et plus vieux amis, béninois, travaillant dans une agence ONU et venant juste d'être affecté à Abidjan, et plusieurs relations professionnelles connues durant le premier séjour et les années 1995-1997 durant lesquelles j'étais revenue plusieurs fois pour des missions Banque mondiale.

Quelles ont été les raisons pour lesquelles vous avez choisi la filière touristique en Côte d'Ivoire ? Etait-ce votre formation ou expérience professionnelle initiale ?

Non, ma formation initiale était la fiscalité internationale. Mes premières années en Côte d'ivoire m'avaient laissé une forte impression quant au potentiel touristique et à l'absence de réceptifs hôteliers.

Les atouts indéniables de la destination n’ont pas disparu et ne vont pas disparaître :

  • proximité de l'Europe,

  • absence de décalage horaire, dont les effets néfastes sont bien connus des voyageurs et des médecins, à l'inverse d'autres destinations - Antilles par exemple,

  • ensoleillement et chaleur lorsque l’hiver sévit en Europe,

  • mer chaude (actuellement dans notre baie 27/28 °C),

  • grande variété culturelle,

  • grande diversité des centres d’intérêt possibles : artisanat de grande qualité et vieille tradition, éco-tourisme avec la Parc de Taï, patrimoine mondial, plages, lagunes et fleuves, une nature encore sauvage (notre site par exemple a été plusieurs fois comparé aux Seychelles pour sa baie dotée de rochers ou à la Guyane pour sa forêt),

et surtout la qualité de l’accueil et la gentillesse des Ivoiriens.

Quelles ont été les difficultés majeures que vous avez pu rencontrer lors de la création de votre entreprise liées au fait qu'il s'agissait d'une implantation en Côte
d'Ivoire ?

 

Au niveau de l'implantation, je n'en vois a priori aucune majeure spécifique à la Côte d’ivoire.

 

En revanche, les difficultés d'exploitation sont immenses : en général, coût des facteurs de production bien trop élevés, manque de sécurité juridique (obtention d'un titre foncier en particulier), non raccordement au réseau électrique ou à l'eau courante, non entretien du réseau routier et de notre piste de 12 km publique et desservant plusieurs villages dont nous avons toujours dû assurer l'entretien sans aucune aide étatique, locale ou même villageoise, coût téléphonie/Internet dépassant € 1500 par mois, difficultés pour trouver des pièces de rechange et coût généralement des approvisionnements, réparations, entretien, transport aérien limité et prohibitif, aucun regroupement professionnel digne de ce nom, aucun ou presque guide touristique, action promotionnelle du pays ...

 

 

 

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